Miss Kobayashi’s Dragon Maid: une dragonne en manque d’amour

Je n’étais vraiment pas parti pour écrire un court article sur le film « Kobayashi-san Chi no Maidragon: Samishigariya no Ryuu » soit en langue de Molière: « Miss Kobayashi’s Dragon Maid: une dragonne en manque d’amour » mais la mort du président de Kyoto Animation est une très triste nouvelle.
Cet article sera l’occasion de lui rendre un hommage, et à vrai dire si le film avait été mauvais, je n’aurais pas pris quelques minutes pour en parler. Cependant…
… il est à mes yeux l’expression du savoir faire de ce que Kyoto Animation sait faire de mieux, voire se sublime au travers de ce film. Parlons du film un petit peu pour comprendre où je veux en venir:
Le film est centré principalement sur le personnage de la petite dragonne, Kanna, qui va se retrouver confrontée à assumer ses responsabilités. Elle avait été chassé de la dimension des dragons parce qu’elle avait fait une petite betise, et son père pense qu’il est temps qu’elle répare cette betise alors qu’une guerre entre dragons est plus que probable.

N’étant pas ami avec Crunchyroll et ne désirant pas le devenir, j’ignore s’il s’agit d’un scénario original de Cool-kyou Shinja ou de quelque chose qu’il aurait mis dans le manga Kanna’s daily life (je l’ai pas encore commencé hélas). Cela n’a guère d’importance, l’histoire est assez simple et ressemble en quelque sorte à cette incompréhension que peuvent avoir les dragons puissants envers les choix de Thor, Kanna et toute la bande de vivre parmi les humains. A vrai dire, c’est plutôt compréhensible tant elles sont physiquement différentes, mais elles ont bien évolué depuis la première saison…
Et cette évolution va faire que Kanna se retrouve face à un choix impossible, elle qui se comporte finalement comme une petite fille (et qui est probablement un dragon très jeune même si je ne suis pas certain qu’on sache son âge de dragon). Quoi qu’il en soit, l’anime tourne autour d’elle, et c’est pour le mieux.

Fhana est encore à l’opening, comme d’habitude, et c’est encore une belle composition, aux tonalités familières à ce que le groupe a toujours fait pour cet anime, et le travail fait sur le film ne change pas cette règle. Même s’il est plus difficile de s’attacher à cet opening contrairement aux deux autres des saisons régulières, le travail est vraiment bon. C’est le cas global du film, qui est toujours avec une bande son soigné, et un ending qui vaut clairement le détour (et ça, je vous laisse le découvrir).
Je souhaitais vraiment souligner quelque chose dans ce film, et j’ai tendance à toujours faire ça, mais ici c’est particulier. J’ai 2-3 coups de cœur dans les actrices de doublage, mais elle, c’est autre chose. Maria Naganawa est juste la voix la plus douce de l’animation japonaise, et j’ai pas souvenir d’entendre mieux qu’elle dans ce registre. C’est assez fou qu’elle puisse aussi bien jouer Kanna, petite fille mignonne et dragonne en chef quand il s’agit d’être adorable, et l’interprétation de l’actrice y est pour énormément. L’animation joue, mais sans cette voix si particulière, l’anime n’aurait pas marché.
Le scénario lui même est plutôt classique, mais regroupe disons tout ce qu’on peut attendre d’un bon film d’animation. Et peut-être au delà de ça, on trouve de l’action, de l’humour (et ça riait franchement dans la salle) mais aussi des moments beaucoup mais beaucoup plus émotionnels qui jouent sur la corde sensible, et qui ne tombe ni dans l’excès ni dans le ridicule. C’est parfaitement dosé, jusqu’au bout.

Et que dire du travail de Kyoani… j’ai pas souvenir d’avoir vu quelque chose chez eux d’aussi intense en animation. Je n’aime pas trop les combats dans l’animation, c’est souvent gratuit et complètement con, et là cela ne déroge pas à la règle. Mais là où c’est fort, c’est que c’est la première fois que je regarde un combat chez Kyoani qui me fait dire « alors là… ils ont pas fait semblant en terme de sfx ». On sent la force des dragons, notamment (et ce n’est pas un spoiler) quand fafnir (qui ne veut pas dire qu’il y a un militant RN pas loin) et Thor se chamaille pour s’entraîner, ça rigole pas.
Et c’est là où je voulais en venir. Si Kyoani peut réaliser des œuvres qui surprennent encore les gens qui, comme moi, suivent le studio depuis quasi 20 ans, qui ont vu une grosse majorité de leurs œuvres (quand bien mêmes ils ne font que les adapter), si un type lambda comme moi ressent le travail sur ce film (avec la promo par Crunchyroll dont le budget devait être de 4€50, et puis grand prince quoi, 2 séances pour un seinen dont une un lundi! bah oui logique on va poser un congé), bref si moi ce film m’a touché et ému de A à Z, c’est parce qu’un jour Hideaki Hatta a permit à un studio d’animation de faire de l’animation correctement. Parce que ce studio a employé des hommes et des femmes en les respectant. Parce que ce studio a survécu à un drame sans nom, et parce qu’il a toujours tenu grâce à ce que lui, entre autre, a su insuffler jusque dans les films.
Alors merci Mr Hatta. S’il y a une déesse au paradis et qu’elle est la même que dans Frieren, je suis certain que nombre de gens parti trop tôt vous aurons recommandé à elle, comme Heiter dit qu’il le fera pour Frieren.





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